De Profundis

De Profundis
Il s'abattit sur les planches raides et humides, sa tête frappant le sol dans un bruit mat. Des cris résonnaient autour de lui, comme entourés d'une bulle veloutée. Le soleil face à lui l'éblouissait, torturant ses yeux de ses rayons éternels. Il ferma les paupières. Sa tête lui faisait mal. Un liquide brûlant dégoulinait de sa blessure vers ses yeux clos. Son corps courbaturé, douloureux répondait à peine aux stimulations qu'envoyaient son cerveau, pour qu'il se relève, qu'il reprenne le combat. Il tenta de s'appuyer sur ses coudes pour redresser son dos en feu. Un cri déchirant, provenant de ses entrailles, monta alors dans sa gorge, mais il l'étouffa dans un grognemant. Quelque chose de glacé narguait son cou. Le sang, battant furieusement commencait à couler sous l'impulsion de la lame. Il battit des paupières, tentant de voir le visage de son agresseur. Sa vision floue l'empêchait de distinguer quoi que ce soit. Il ne percevait que de vagues formes et couleurs sans liens aucun avec ce qu'il connaissait ou pouvait reconnaitre. Serait-ce la fin ? L'arme se faisait plus puissante encore, augmentant la pression sur sa peau, soudain frêle face au danger imminent.
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# Posté le vendredi 25 juillet 2008 13:03

Modifié le dimanche 15 mars 2009 13:19

News

Brouillion

Je marcherais les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés,
Triste ; et le jour pour moi sera comme la nuit.
Victor Hugo

Ce sont ces mots, écris par un autre, qui conduise cette histoire. J'entends la finir en les ayant entièrement dénaturé.

V.H. a tracé le principal caractéristique de mon personnage :

Car, le jour, pour celui-ci, c'est la nuit noire.

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# Posté le mercredi 23 juillet 2008 13:42

*

I HAVE A NEW IDEA

JUST WAIT FOR IT PLEASE

*

# Posté le samedi 28 juin 2008 13:12

HISTOIRE D'UNE FIGUE

Voilà, le résultat de mes insomnies.

Une histoire, avant tout.

Décallée. Peut-être... et alors ?






"Même la pensée d'une fourmis peut toucher le ciel."
Proverbe Japonais





Voici donc l'histoire de mon homonyme made in Japan.
Bon je sais que je suis incapable de gérer mon blog,
Mais soyez indulgents svp et commencer cette nouvelle par son début
XD Merci !!!






HISTOIRE D'UNE FIGUE

# Posté le jeudi 27 mars 2008 13:09

Histoire d'une figue (suite 6)

Histoire d'une figue (suite 6)
Les questions fusaient autour d'elle : "Qui est-tu ?
-Tu es magnifique, pourquoi n'étais-tu pas venue avant ?
-D'où viens-tu ?"...
Emi ne savait comment répondre, comment leur raconter son histoire. Jamais elle ne se serait doutée qu'on l'accepterait aussi facilement. Ils étaient tous extrêmement heureux. Ils dansaient tous comme jamais elle n'avait vu quelqu'un danser, faisant onduler leurs corps au rythme de la musique. Celle-ci hurlait de moins en moins à ses oreilles. Comme quoi on s'habitue à tout. Les adolescents l'entouraient et faisaient cercle autour d'elle. En réalité, ils étaient peut-être un peu trop heureux. Le naturel qui aurait dû les habiter n'était pas au rendez-vous. Ils étaient gauches, tirant maintenant sur ses vêtements neufs, attrapant ses cheveux à pleines mains pour les frotter sur leurs joues.


Son sourire se cassa brusquement; lorsqu'elle comprit qu'elle était la seule dans cette salle n'ayant pas un milligramme d'alcool dans le sang. Ils se rapprochaient sournoisement. Elle chassait leurs mains qui tentaient de toucher sa peau. L'air lui manquait. Elle n'avait pas remarqué à quel point la salle était enfumée. Les autres l'avaient entièrement encerclée. Elle ne pouvait plus bouger sans frôler quelqu'un. L'oppression montait en sa poitrine. Ils allaient l'avaler si elle ne partait pas.
Soudain, une fille s'approcha d'elle, la prit par le bras et l'arracha de l'attroupement. De l'oxygène entra dans ses poumons, la libérant de son malaise. La jeune fille l'entraînait dans l'arrière salle. Mais Emi ne voulait plus. Ses idées s'embrouillaient. Elle avait besoin de sortir, de réfléchir. Il fallait qu'on lui donne un moment de répit. La fille ouvrit la porte des toilettes pour femmes et la plaqua au mur. Leurs regards se croisèrent. Ses yeux étaient injectés de sang.
"Pourquoi es-tu là ?"
Emi ne répondit rien. Cette fille n'était plus en état de réfléchir. Elle avait regardé de nombreuses émissions à la télévision qui mettaient en garde contre la drogue. Elle connaissait par coeur les différents symptômes, bien que cette fille soit la première toxico qu'elle rencontrait.
"Tu fais moins la fière, hein ? Tu voulais venir ? Voir comment c'était notre LIBERTE ?" Elle avait hurlé ce dernier mot. Emi devait chercher un échappatoire, cette fille allait pêter un câble.
"Reste calme, murmura-t-elle pour elle-même.
Elle vit cependant au regard de la toxico qu'elle avait pris cette remarque à titre personnel :
-Alors maintenant tu me donnes des ordres ! s'en est trop, tu vas regretter d'avoir mis les pieds ici ! Voire même d'être née !" le doigt de la fille était pointé sur elle, à trois centimètres de son menton. Il en faudrait plus pour l'impressionner réellement mais dans certaines situations, la prudence avait un caractère obligatoire. Surtout lorsque la main droite de votre agresseur cherchait désespérément quelque chose dans sa poche. Le sang d'Emi ne fit qu'un tour. Elle voulait s'en sortir. La liberté qu'elle avait cherché ne se trouvait pas là. On ne devenait pas libre en sniffant du LSD. Elle voulait vivre, plus que tout au monde. Elle voulait vivre, dans n'importe quel monde.

Elle vit alors la fille sortir un objet de la poche de son jean et le diriger dans sa direction. Il fallait agir, vite. Emi attrapa le poignet qui tenait la seringue. Mais, contrairement à ce qu'elle aurait aimé croire, la fille avait beaucoup plus de forces qu'elle ne l'imaginait. Elle forçait, commençant à sentir la sueur couler le long de ses tempes. Elle ne tiendrait pas longtemps. La fille avait une lueur démoniaque dans le regard. C'était pourtant si bête de mourir dans des toilettes. Dans un effort suprême, elle tenta de déséquilibrer son bourreau. En vain. Sous la pression du dernier instant, elle leva les yeux vers autre chose que le rictus satanique que lui offrait sa meurtrière. Son regard fut immédiatement entraîné vers le hublot de la porte par lequel on pouvait voir l'ensemble de la salle. Le jeune homme du magasin marchait, paniqué, au milieu des danseurs. Il se retourna juste un instant vers les toilettes. Leurs regards se croisèrent.

Subitement, la main enfonça la seringue dans sa chair. Une goutte de sang vint tâcher le carrelage blanc des toilettes pour femmes...


# Posté le jeudi 27 mars 2008 12:12